Un schéma de pensée domine souvent les arts martiaux et notre société : l'idée qu'il faudrait "affronter" ses problèmes, "se battre" contre la vie, être en guerre permanente. Ce récit flatte l'égo. Il est gratifiant de se dire que la vie est dure mais que nous sommes des survivants héroïques.
Pourtant, cette notion d'affrontement systématique est un état d'esprit de débutant. Au premier cours de boxe, on cherche la bagarre, on est dans la lutte. Avec l'expérience, on ne "combat" plus l'adversaire : on échange. On devient fluide, souple, et on prend même du plaisir dans l'interaction. Cette évolution doit s'appliquer à votre quotidien. La vie n'est pas un combat 100% du temps ; l'affrontement réel doit rester l'exception, pas la norme.
Si vous voyez chaque petit désagrément — du moustique à l'embouteillage — comme une guerre, vous vous épuisez. Pire, vous devenez aveugle : le jour où un véritable danger surgit, votre radar est tellement saturé par des micro-conflits inutiles que vous ne voyez pas l'essentiel.
Travailler en Action Consciente, c'est rester présent pour voir la situation telle qu'elle est. Cela permet aussi une réflexion plus profonde : "Pourquoi suis-je au milieu de cette situation ?" Parfois, c'est le hasard. Souvent, c'est notre égo qui nous a conduits là pour se prouver sa force ou autre chose. Une lecture consciente permet de quitter le mode "conflit" pour entrer dans le mode "flow". L'entraînement de toute une vie doit mener à la détente et au plaisir de vivre, sans naïveté, mais sans cette armure qui finit par nous emprisonner.